Brûler, se consumer, s’éteindre…

Quel est donc cet épuisement que l’on dit “professionnel” et qui touche indifféremment les managers, les salariés, les patrons … ?

Ce terme s’entend fréquemment aujourd’hui, que ce soit dans la sphère privée ou professionnelle. À mon sens, il interroge non seulement le mode organisationnel dans lequel on évolue, la façon dont le système (entreprise, famille) fonctionne, ses modes de décision (autorité, management) mais aussi notre rapport au système et renvoie à notre “façon de faire avec nous-mêmes” dans ce système.

En accompagnement, il nous arrive souvent de rencontrer des personnes qui vivent une forte pression. Pas seulement celle qu’on leur met, mais celle qu’ils se mettent eux-mêmes. L’homme à cela de particulier qu’il se reprochera sans cesse de ne jamais assez vouloir.

De plus, nos besoins et nos blessures nous mettent souvent en mouvement dans une attitude d’accélération alors qu’il nous faudrait, quelquefois, ralentir. Tel salarié qui est touché dans la reconnaissance qu’on a de son travail va vouloir prouver qu’il est à la hauteur. Mais à la hauteur de quoi ? Tant que cette blessure de la reconnaissance, profonde, est présente et à vif, quelle que soit la demande que l’on aura par rapport à lui, il s’emploiera à faire la preuve de sa compétence, de son engagement. Il se mettra en mode “sur-engagement”. Si de plus l’environnement appuie sur la blessure de la reconnaissance, la réaction est bien sûr amplifiée…

Notre action peut donc se situer à 3 niveaux. Quelquefois nous pouvons intervenir sur le champ global du système (redéfinir l’organisation de notre travail, de notre service ou de notre cadre personnel) et la façon dont il est régi, mais pas toujours. Là où notre action immédiate peut porter, c’est sur nous-mêmes : en développant une conscience de notre être-au-monde et de notre être-au-travail. Panser nos blessures, visiter le sens de notre action, percevoir là où nous sommes engagés et là où nous “brulons”…

Comment nous gérons notre implication, nos priorités, notre être tout entier – que ce soit à un niveau biologique, psychique ou productif – face aux différentes injonctions qui nous sont envoyées …? Quelles alertes pourrions-nous mettre en place pour prévenir cet épuisement qui laisse des traces ?

Nous pouvons faire ce travail pour nous-mêmes et sur nous-mêmes et nous construire une vie tout autant engagée qu’équilibrée …